Archives pour la catégorie Culture culture…

Tournée des galeries bruxelloises

Hier, je suis allée faire une distribution de tracts pour notre festival Trouble dans différentes galeries bruxelloises. J’en ai profité pour faire un petit tour de leurs expositions…Tournée des galeries bruxelloises dans Culture culture... 363364b4edba9af451

 Coup de coeur pour le photographe français Gérard Rancinan qui est exposé à la Galerie Valérie Bach (43 rue Ernest Allard)

Je découvre tout d’abord ses portraits d’artistes contemporains qui sont autant de provocations artistiques. « Il poursuit là aussi le même voyage, celui de l’histoire de l’art, quand il fait d’un homme une icône ». Ici le portrait de Yan Pei-Ming qui a peint en 2009 les funérailles de Mona Lisa.

Ces portraits sont magistraux et apparaissent véritablement comme la confrontation de deux artistes qui se regardent, se jugent et se jaugent.

Au premier étage de la galerie, je me retrouve face à la série Métamorphoses. Devant mes yeux s’affichent grand format des relectures de grands chefs d’oeuvres de l’histoire de l’art.

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« Nous sommes tous un peu ces immigrés pleins d’illusions; nous tentons tous de nous prémunir contre cette malbouffe; nous cherchons tous notre liberté…Je me sens concerné par le grand bouleversement de notre époque. J’aurais pu regarder notre société comme un reporter, en allant chercher ces récits et ces images dans une « réalité » directe. Ce radeau en pleine mer n’est pas vrai, ni cette musulmane qui arrache son voile, ni même ce guerrier qui détruit la planète, mais tout ceci est exact. Par le mode de la fiction, je me suis permis une liberté de ton qui n’est plus toujours possible en presse, mais qui est permise dans le champ de l’art. Dans ce grand chaos, j’ai aussi bien malmené les tabous que les grandes marques, la religion et l’homme. Loin d’être une rédemption, ce travail est une provocation…à la réflexion, à l’insensiblité, à la lutte contre l’endormissement, à la possibilité d’un reflet. »

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 En travaillant à partir des chefs d’oeuvre de Velasquez, Géricault, Delacroix, De Vinci, le Caravage, le retable d’Issenheim, ou encore Matisse, Gérard Rancinan montre que les thèmes restent les mêmes (angoisse de la mort, guerres, place de l’homme…), seule l’actualité change. Même si profondément ancrée dans la société contemporaines, et porteuses de messages politiques forts, les Métamorphoses de Rancinan sont empruntes d’une universalité devant laquelle il est difficile de ne pas se laisser émouvoir. Cette image qui pourrait tourner à la caricature (comme la Cène détournée sur le thème de la malbouffe et du fastfood)  s’imprime dans nos esprits aux côtés du fameux tableau de Léonard De Vinci et acquiert par là une sorte de mysticité et de force symbolique qui nous interpelle.

« La nostalgie est humaine et nous regardons le passé avec sentimentalisme. Nous savons ce que nous laissons derrière nous, nous ignorons ce qui nous attend. Tout se bouleverse, se transforme, seul l’esprit humain reste immuable. Dans sa transmission artistique, l’homme raconte la même histoire, la sienne, dans ses inaltérables qualités et déviances. L’environnement change. L’homme s’adapte. Il frôle l’audestruction et se reprend par peur de disparaître »  Caroline Gaudriault

Dans son travail, Gérard Rancinant se pose ainsi parmi ceux qu’il appelle les « témoins éveillés des métamorphoses de notre humanité » 

Voir ci dessous un reportage sur sa photographie inspirée des Danseuses de Matisse. Encore plus bas davantage de photographies.

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liberte

retable

BIP la suite, dimanche 18/04 (2/2)

Comme indiqué dans mon précédent post, je suis retournée à Liege le dimanche suivant, n’ayant pas eu le temps d’aller voir l’expo « Les Indomptés » du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, dit le MAMAC (encore une super abbréviation pour un musée…même si cette fois ça fait juste un peu singe).BIP la suite, dimanche 18/04 (2/2) dans Culture culture... artwork_images_424319090_262940_martin-schoeller1

Expédition solitaire qui valait le coup, car il y avait vraiment des artistes intéressants…voici ma petite sélection:

Le – parait-il- fameux Martin Schoeller et ses portraits de femmes bodybuildées, tirée à deux fois la taille humaine…

A l’âge de 25 ans, Martin Schoeller choisit de quitter l’Allemagne pour s’installer à New York. D’abord assistant de Annie Leibovitz, il se consacre rapidement à sa propre carrière. A partir de 1998, ses portraits sont publiés dans divers magazines dont Rolling Stone ou Vogue. Depuis 1999, sur les traces de Richard Avedon, il est portraitiste au New Yorker. Martin Schoeller photographie des personnalités médiatiques, mais aussi des inconnus, en utilisant un procédé et un traitement identique pour chacun. Fervent adepte du « close up », il procède à des portraits radicaux. Il recourt à une mise en scène dénuée d’artifice ou de décorum pour se concentrer sur le regard de ses sujets. Fixant frontalement l’objectif, ceux-ci nous Martin-Schoeller dans Culture culture...apparaissent autres. Martin Schoeller n’estompe pas les imperfections, il révèle les contradictions des icônes contemporaines incarnées par de simples humains vulnérables. C’est selon ces principes qu’il a photographié des femmes bodybuildées dont l’anatomie et le visage sont en totale opposition.

 » Après avoir pris mon premier Polaroïd à une compétition de bodybuilding, j’ai été frappé par la complexité multidimensionnelle de ce genre de portrait. Les contradictions étaient si apparentes, si nombreuses et si excitantes, que je me suis senti vraiment obligé de créer cette série hors du domaine de tout jugement, non pas pour célébrer ou condamner, voire même dévoiler, mais plutôt pour montrer. […] Les athlètes présentées ne sont pas différentes. Elles sont aussi vulnérables queAchim+Lippoth+feat_ALippothBlueGirl_pdn chacune des personnes qui pose devant un objectif. « 

Achim Lippoth encore, avec cette fois sa série « Together » (2004).

De blonds enfants aux yeux bleus portent le logo du photographe « AL » sur leurs débardeurs immaculés. Les mises en scène de Lippoth s’appuient autant sur les codes de la mode (couleurs, poses, décors, mise en évidence de la marque …) que sur une esthétique nazie (uniformité, prises de vue en contre-plongées, composition de groupe …), donnant à la série un cachet terriblement dérangeant où la pureté et l’innocence de l’enfance viennent flirter avec des valeurs idéologiques nauséabondes.

Mon coup de coeur: Anke Van Iersel et sa série « Complete Me » (2004-2007). Des portraits patchwork qui montrent à la fois l’humanitluiké des sujets et la beauté étrange de certains moments du quotidien.

« Complete me » : constat tout autant que question. Depuis plusieurs années, Anke Van Iersel travaille intuitivement sur ce projet, cherchant à révéler l’extraordinaire dans l’ordinaire. La photographe prend le temps, et la liberté, de rencontrer ses modèles, de se laisser surprendre, pour capter ces instants de grâce où, relâchant le contrôle, ils vivent et se révèlent. Ses portraits, très éloignés des autoroutes sécuritaires de la normalisation et de la standardisation, témoignent de la douce fraîcheur ainsi que de la diversité de la vie. Très éloignés également de visions de chaos, de déséquilibre ou de désordre, ses portraits hors 3_norme attestent d’une constante unique : la seule chose permanente, c’est le changement, paramètre que nous ne pouvons par définition contrôler. Le temps semble donc ici suspendu, figé dans des couleurs volontairement saturées qui permettent à l’artiste de relativiser le réalisme de sa recherche, de souligner la relation entre fantasme et réalité qui lui est inhérente.

« …Comme Harry Potter qui est monté dans le train pour Hogwart sur la plateforme 9 3/4, invisible aux humains, j’ai décidé de prendre le train pour « complete me ». Sous un ciel violet et un soleil brun, nous sommes présentés à des gens qui ont manqué ou décidé de ne pas prendre le train à grande vitesse.  Lovely people, special people, beautiful people. N’être qu’un avec la nature. Le chien, ami fidèle. Les gens prennent leur temps. Ils se révèlent devant mon appareil. On voit des émotions, des fantasmes et de petits miracles. Presque comme un conte de fée, mais plutôt, la vraie vie. »

http://www.ankevaniersel.nl/

Olivier Culmann et sa série Téléspectateurs.

Photographe depuis 1992, Olivier Culmann est membre du collectif « Tendance Floue » depuis 1996. Ses photos posent avec humour ses interrogations angoissées quant à la liberté humaine et à son conditionnement. Pour sa série « Télé-spectateurs », il a capté les portraits de personnes regardant leur télévision au Maroc, en Inde, aux États-Unis, au Mexique, au Nigeria, en Chine ou au Royaume-Uni. Ces téléspectateurs semblent hypnotisés par les images qui défilent sur l’écran. Olivier Culmann enregistre cet instant où l’attention se relâche, où la conscience s’endort, bercée par la phosphorescence des tubes cathodiques. À cet instant, souvent les corps se calent, se lovent puis s’affaissent. Rien de plus banal. Et rien de plus inquiétant. Car c’est désormais dans cette passivité quasi-immobile, dans cet engourdissement de la pensée que nous, téléspectateurs, recevons et apprivoisons le monde entier, ou plutôt ce fantasme du réel. Informations, feuilletons, émissions, venus aujourd’hui de l’autre bout de la planète ou du bas de chez soi, sont déballés sous nos yeux anesthésiés. Leur impact est énorme.

Patrick Van Roy et sa série de portraits Warning (2009) 55

Le travail du photographe autodidacte Patrick Van Roy se caractérise par un intérêt pour les atmosphères étranges et questionnements de la réalité. Dans sa série « Warning « , il présente des portraits à la présence tout aussi rassurante que déconcertante. Chacun d’entre eux est, en effet, composé de quatre images – une fille et trois garçons, nommés dans le titre. Pour Patrick Van Roy, le visage est un champ de bataille, une construction à concevoir, à fabriquer et à interpréter. Ses manipulations engendrent des substituts d’adolescentes parfaites, impersonnelles et ambiguës. Des vraies fausses images d’un idéal androgyne harmonieux ; d’un bonheur éphémère, paradisiaque ou dévastateur. La remise en jeu des concepts de portrait, d’identité, de perfection, de culte est sous-jacente à ces images fantomatiques. Chacune de ces icônes affiche, de plus, les stigmates d’une blessure mortelle : témoignages d’un « cataclysme aseptisé aux blessures indélébiles » ?

Désolée de ne pas avoir vraiment pris le temps d’écrire des petits textes moi-même, mais déjà je vous ai fait une petite sélection et quand j’ai mis les textes (pris sur le site de la BIP www.bip-liege.org) c’est que je les trouvais éclairant et intéressant.

A venir rapidement quelques photos de liège…dans un prochain post!

Biennale de Photographie de Liège 11/04 (1/2)

Motivée par le petit magazine « Let’s Motiv’ » (qui porte donc bien son nom) qui évoquait les expositions de la 7eme Biennale internationale de photographie de Liège, je me décide à partir pour Liège. Autant pour le dimanche 11/04, je suis trouvé une rimbambelle de compagnons de voyages – on a même affrêté un mini bus…bon d’accord c’était juste un Picasso dont le chauffeur nous venait tout droit de Biennale de Photographie de Liège 11/04 (1/2) dans Culture culture... 18Lille. Autant le 18 avril, je n’ai su transmettre mon élan de motivation et me suis résolue à retourner à Liège toute seule, accompagnée du soleil cette fois…En fait c’est juste parce que je suis radine et que j’avais acheté un pass à 15 euros le dimanche d’avant, donc je voulais le rentabiliser!

 Il faut dire que dimanche 11 avril, les expos qu’on a vu n’était pas non plus passionnantes.

Au Grand Curtius, pour l’expo conçue dans le cadre des échanges avec Berlin et l’Allemagne, je conseillerai uniquement Thorsten Brinkmann pour ses autoportraits et installations burlesques.

Au Musée d’Art Wallon (le MAW..beaucoup plus classe que MoMa comme sigle je trouve…ça fait chef indien)…A retenir:

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Achim Lippoth et sa série L’homme machine qui reprend des portraits de très jeunes gymnastes chinois.

A la base, photographe publicitaire et de mode centré sur l’enfance, Achim Lippoth attire cependant très vite l’attention des milieux artistiques grâce à un travail audacieux où le traitement visuel de l’enfant oscille entre idéalisation de l’âge tendre et ambiguïté foncière de ses modèles. L’Homme machine (2001) documente le contrôle inouï et la discipline sans faille qui sont exercés par et sur ces jeunes Chinois qui, dès leur tout jeune âge, sont entraînés à devenir des gymnastes d’élite. Corps modelées par l’exercice, regards concentrés, maîtrise de la souplesse et de la force donnent l’image d’une société et de ses valeurs imprimés littéralement sur l’anatomie de l’enfance.

 Julien Berthier pour son très beau lustre en perpétuel tournoiement. Dans « Révolution Light », il matérialise également, par le choix de l’objet – le lustre comme modèle du confort bourgeois- autant que par son titre, la promesse ironique d’une révolution légère. (voir photo dans l’album sur Liège)

Edouard Levé  pour son travail en studio à recréer des scènes de pornographie ou de sport.  image2-2

Pures reconstitutions photographiques, les séries « Pornographie » (2002) et « Rugby » (2003) ne révèlent ni l’érotisme cru ni l’agressivité sportive auxquels on pourrait s’attendre. Selon le principe de la « neutralisation par soustraction » Edouard Levé a composé ces images oniriques en studio avec des figurants. Les personnages sont figés comme des poupées mécaniques, comme des natures mortes en pleine action. Aucun détail anecdotique ne vient s’ajouter à la mise en scène exsangue, tirée au cordeau, réduite à un code minimal qui ôte à la communication tout le superflu et partant, toute résonnance vivante.

Mention spéciale  à Alexandre Perigot pour sa Kill Kill choregraphy. Perigot travaille à débusquer les signes de la spectacularisation de notre société, mimant à notre intention les multiples codes par lesquels nous nous positionnons dans l’imaginaire. Perigot développe un travail révélant et déjouant les mécanismes de starisation et d’identification en proposant une « désillusion par rapport à l’illusion », en dévoilant l’arrière du décor. Au travers de la dimension ludique, ses installations et ses vidéos pointent les artifices d’une identité d’emprunt, les rapports que chacun de nous entretient avec la représentation médiatique et l’image idéalisée d’un quotidien fétichisé.  « Kill kill chorégraphie » (1996) participe de cette réflexion. Pour tourner cette vidéo, Perigot a demandé à une vingtaine de personnes de jouer leur propre mort devant la caméra : une mort violente due à l’impact d’une balle. Leurs attitudes sont en général fortement théâtralisées et issues des modèles largement diffusés par l’industrie cinématographique. La scène nue d’un gymnase, le comique de répétition, les effets de chorégraphie et le montage dense réalisé par Perigot mettent en relief le jeu de l’identification, l’artificialité de la mort dramatisée et la fiction inhérente à nos projections.

La suite de la BIP dans un prochain post…

Chouf Ouchouf – 18 et 19 mars 2010

Que de temps et d’énergie dépensés à réserver les chambres d’hôtel, organiser les navettes, les catering de la trentaine de personnes qui accompagnent la tournée de ce spectacle de cirque (artistes, metteurs en scène, administrateurs, producteurs…).

Chouf Ouchouf - 18 et 19 mars 2010 dans Aux halles Groupe_Acrobatique_de_Tanger_CHOUF_OUCHOUF0

 Chouf Ouchouf veut dire « regarde, et regarde encore » en arabe. Un titre qui raconte cette rencontre entre deux metteurs en scène suisses et le groupe acrobatique de Tanger. C’est beau de les écouter parler de cette rencontre artistique qui loin de tout cliché semble avoir véritablement été une expérience humaine bouleversante aussi bien du côté de ces suisses à tendance flegmatique que de ces acrobates autodidactes et extravertis.

Fruit de cette rencontre, ce spectacle offre un très touchant tableau du quotidien des Tangerois, et bénéficie d’une mise en scène sobre servie par un décor évolutif et mouvant qui efface murs et frontières et questionne notre rapport à l’espace.

Les tours d’acrobaties signifient beaucoup plus qu’un simple tour de force car ils sont toujours là pour dépeindre un quotidien et font éclater la dimension cocasse et drôle de ce spectacle. Faisant déborder la vie, Chouf Ouchouf évoque la question de l’altérité, et faisant preuve de la richesse de la rencontre avec l’autre invite chacun à dépasser ses frontières, aller écouter l’autre et le regarder.

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 Toute rencontre avec le nouveau et l’inconnu nous fait chanceler dans des sentiments à la fois complexes et confus. Nous transposons chez l’autre nos désirs et nos peurs involontaires et nous nous agrippons à nos impressions et nos appréhensions. Pour nous rassurer, nous essayons d’imposer nos propres points de vue. Inversement, nous nous présentons également comme un espace de projections pour l’autre.

Comment une véritable rencontre peut-elle avoir lieu dans de telles conditions? Dans ce désert, comment aller au-devant d’une oasis plutôt que d’un mirage?

Chouf Ouchouf se place au centre de ce labyrinthe de questions et de réflexions. Avec humour, ce grand thème est travesti en une cascade de scènes, il est décliné et amplifié jusqu’à l’absurde, jusqu’à ce que tout soit chamboulé et se retrouve en apesanteur.

Chouf Ouchouf touche par son intensité et ses émotions, envoûte le spectateur et insiste à bien regarder: sur scène et en soi-même.

http://zimmermanndeperrot.com

 

Un magnifique reportage vidéo et des extraits sur la télé suisse romane.

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=347001&sid=11706810&wysistatpr=ads_rss_texte

 

Plus de détails également sur: http://halles.be/event.php?id=643

 

Radio Muezzin – Rimini Protokoll 05/03/2010

Aux Halles, j’ai eu l’occasion d’assister au dernier spectacle de Stefan Kaegi, fondateur du collectif théâtral Rimini Protokoll connu pour son travail casi-documentaire. A la base des projets, toujours une situation concrète, et souvent l’implication de « comédiens » amateurs.

C’est en écoutant, sur les hauteurs d’une capitale du Moyen-Orient, l’appel à la prière se répercuter de mosquée en mosquée, que Stefan Kaegi a fait « l’expérience acoustique la plus impressionnante de [sa] vie ».Radio Muezzin - Rimini Protokoll 05/03/2010 dans Aux halles 110462
Revenu à Berlin, il lit dans un journal que les appels à la prière du Caire sont en cours de « radiodiffusion systématique » : un muezzin, sélectionné sur concours pour cette tâche, œuvre derrière un micro dans une station, tandis que sa voix est diffusée sur les ondes vers chacune des mosquées de la ville.
À un rite perpétré dans son unicité se substitue un procédé de diffusion massive, pris en charge par le ministère de la Religion. « Que devient l’aura de cette cérémonie ? » s’interroge Stefan Kaegi. En invitant, après un patient travail de terrain, quatre muezzins du Caire à monter sur scène pour raconter leur existence et leur expérience, Stefan Kaegi retrouve la valeur originelle de l’appel.

Chacun d’eux lui donne en effet son tempo, sa voix, son interprétation, une vibration spécifique, tout en décrivant le processus de mécanisation et de professionnalisation en cours. Mais, fuyant l’exotisme comme les simplifications, ce sont surtout les vies de ces individus au destin singulier que le spectacle donne à entendre et à voir.
Insérés dans un tissu social extrêmement dense, ils assument des rôles très différents, de l’entretien de la mosquée à la lecture du Coran à l’étranger dans les autres pays musulmans. Ces hommes nous offrent également du théâtre : les façons dont ils se croisent, dont leurs gestes recomposent leur univers, dont ils parlent, se parlent, dont ils chantent et se reprennent ; ces manières d’être ensemble, en représentation, forment la trame vivante de Radio Muezzin.

En contrepoint, les images enserrent leurs existences, offrant un contexte visuel, affectif, mémoriel à la présence de chacun sur scène. À l’image de la voix, de la grâce et de l’émotion d’un muezzin aveugle, appelant et vibrant sur fond d’images des rues colorées du Caire.
Comme toujours dans les spectacles de l’artiste suisse, on apprend pas mal de choses. Mais c’est la matière humaine qui est précieuse ici, dans un contexte où, en Occident, l’islam, de plus en plus, suscite peurs et fantasmes.
Le Monde, Fabienne Darge

Basé sur les témoignages de quatre Muezzins aux trajectoires très différentes, on peut déjà mettre au crédit de ce spectacle la valeur documentaire du travail de ces non-acteurs qui nous présentent leur maison, nous montrent comment ils effectuent la prière ou miment le rituel des ablutions. Mais au-delà de cette couche superficielle, la mise en scène sobre suggère avec subtilité une critique sociale et met en avant certaines contradictions de la religion musulmane. Cependant une chose reste pour nous mystérieuse: quelles sont les motivations de ces muezzins? Pourquoi sont-ils devant nous sur scène à mimer la prière? S’ils ne peuvent être considérés comme des comédiens – la religion leur interdit -, est-ce alors une volonté de prosélytisme qui préside à leur implication dans ce spectacle?

Il y a bien là une faiblesse car alors que le but même de la pièce est d’entrer dans l’intimité de ces modèles religieux, on se rend compte que le metteur en scène n’est pas parvenu à les faire sortir de ce rôle. Ils ne nous montrent que ce qu’ils veulent bien nous montrer. D’ailleurs une envoyée du Ministère des Affaires Religieuses est présente pour veiller au respect du texte et des règles fixées avec la compagnie.

Un spectacle qui donne à réfléchir…à voir sans aucun doute!

Adam Green 09/02/2010

Pour ce concert je n’ai pas réussi à trouver de compagnon pour aller voir Adam Green (ex-chanteur des Moldy Peaches avec Kimya Dawson) à l’Ancienne Belgique…Pas grave, je ne voulais pas rater ça, donc j’y suis allée seule…

 Salle peu remplie. En première partie, un groupe américain qui fait sa première tournée en Europe: Jukebox The Ghost. De la pop bien efficace mais pas transcendante non plus…en tout cas ils sont très sympas.

A écouter sur: http://www.myspace.com/jukeboxtheghost

 Arrivent ensuite les musiciens d’Adam Green. Puis Adam Green, en jean et torse nu sous son perfecto clouté digne d’un Marlon Brando ou d’un James Dean. Il a l’air complètement déchiré, ce qui va se confirmer. Oubli de paroles, et blabla insensé sur la Belgique, la bière, les restos de grand place, l’Ipad, un concours de Blowjob… Bref il nous offre une performance très rock’n roll. Au moins il se donne à fond, fait le spectacle et ça fait plaisir un chanteur qui échange vraiment avec le public. Il chantera presque à la demande, slam à plusieurs reprises, au point d’en perdre son micro…Ah oui et il partira avec une fille du public dans les coulisses!

 En résumé un bon show, quelques bonnes balades, même si la performance musicale n’était pas au top:

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Ghinzu à Forest National le 06/02/2010

Mon cadeau de Noël: aller voir Ghinzu, groupe de rock Belge francophone dans la plus grande salle de Bruxelles.

Ghinzu à Forest National le 06/02/2010 dans Culture culture... ghinzu_theforce

Concert énormissime de ces showmans qui entrent sur scène entourés de starship troopers sur la musique de la marche de l’empereur. Je les avais déjà vu à le Petite Coopé à la sortie de leur premier album et c’était déjà énorme…John Stargasm le leader est vraiment un pur performer.

Concert de 2h30, avec final de folie avec tous les membres du groupe en robe de mariée…GENIAL!

Si vous ne les avez pas déjà vu, aller voir Ghinzu, en live c’est du pur bonheur.

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