Archives pour la catégorie Aux halles

Chouf Ouchouf – 18 et 19 mars 2010

Que de temps et d’énergie dépensés à réserver les chambres d’hôtel, organiser les navettes, les catering de la trentaine de personnes qui accompagnent la tournée de ce spectacle de cirque (artistes, metteurs en scène, administrateurs, producteurs…).

Chouf Ouchouf - 18 et 19 mars 2010 dans Aux halles Groupe_Acrobatique_de_Tanger_CHOUF_OUCHOUF0

 Chouf Ouchouf veut dire « regarde, et regarde encore » en arabe. Un titre qui raconte cette rencontre entre deux metteurs en scène suisses et le groupe acrobatique de Tanger. C’est beau de les écouter parler de cette rencontre artistique qui loin de tout cliché semble avoir véritablement été une expérience humaine bouleversante aussi bien du côté de ces suisses à tendance flegmatique que de ces acrobates autodidactes et extravertis.

Fruit de cette rencontre, ce spectacle offre un très touchant tableau du quotidien des Tangerois, et bénéficie d’une mise en scène sobre servie par un décor évolutif et mouvant qui efface murs et frontières et questionne notre rapport à l’espace.

Les tours d’acrobaties signifient beaucoup plus qu’un simple tour de force car ils sont toujours là pour dépeindre un quotidien et font éclater la dimension cocasse et drôle de ce spectacle. Faisant déborder la vie, Chouf Ouchouf évoque la question de l’altérité, et faisant preuve de la richesse de la rencontre avec l’autre invite chacun à dépasser ses frontières, aller écouter l’autre et le regarder.

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 Toute rencontre avec le nouveau et l’inconnu nous fait chanceler dans des sentiments à la fois complexes et confus. Nous transposons chez l’autre nos désirs et nos peurs involontaires et nous nous agrippons à nos impressions et nos appréhensions. Pour nous rassurer, nous essayons d’imposer nos propres points de vue. Inversement, nous nous présentons également comme un espace de projections pour l’autre.

Comment une véritable rencontre peut-elle avoir lieu dans de telles conditions? Dans ce désert, comment aller au-devant d’une oasis plutôt que d’un mirage?

Chouf Ouchouf se place au centre de ce labyrinthe de questions et de réflexions. Avec humour, ce grand thème est travesti en une cascade de scènes, il est décliné et amplifié jusqu’à l’absurde, jusqu’à ce que tout soit chamboulé et se retrouve en apesanteur.

Chouf Ouchouf touche par son intensité et ses émotions, envoûte le spectateur et insiste à bien regarder: sur scène et en soi-même.

http://zimmermanndeperrot.com

 

Un magnifique reportage vidéo et des extraits sur la télé suisse romane.

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=347001&sid=11706810&wysistatpr=ads_rss_texte

 

Plus de détails également sur: http://halles.be/event.php?id=643

 

Radio Muezzin – Rimini Protokoll 05/03/2010

Aux Halles, j’ai eu l’occasion d’assister au dernier spectacle de Stefan Kaegi, fondateur du collectif théâtral Rimini Protokoll connu pour son travail casi-documentaire. A la base des projets, toujours une situation concrète, et souvent l’implication de « comédiens » amateurs.

C’est en écoutant, sur les hauteurs d’une capitale du Moyen-Orient, l’appel à la prière se répercuter de mosquée en mosquée, que Stefan Kaegi a fait « l’expérience acoustique la plus impressionnante de [sa] vie ».Radio Muezzin - Rimini Protokoll 05/03/2010 dans Aux halles 110462
Revenu à Berlin, il lit dans un journal que les appels à la prière du Caire sont en cours de « radiodiffusion systématique » : un muezzin, sélectionné sur concours pour cette tâche, œuvre derrière un micro dans une station, tandis que sa voix est diffusée sur les ondes vers chacune des mosquées de la ville.
À un rite perpétré dans son unicité se substitue un procédé de diffusion massive, pris en charge par le ministère de la Religion. « Que devient l’aura de cette cérémonie ? » s’interroge Stefan Kaegi. En invitant, après un patient travail de terrain, quatre muezzins du Caire à monter sur scène pour raconter leur existence et leur expérience, Stefan Kaegi retrouve la valeur originelle de l’appel.

Chacun d’eux lui donne en effet son tempo, sa voix, son interprétation, une vibration spécifique, tout en décrivant le processus de mécanisation et de professionnalisation en cours. Mais, fuyant l’exotisme comme les simplifications, ce sont surtout les vies de ces individus au destin singulier que le spectacle donne à entendre et à voir.
Insérés dans un tissu social extrêmement dense, ils assument des rôles très différents, de l’entretien de la mosquée à la lecture du Coran à l’étranger dans les autres pays musulmans. Ces hommes nous offrent également du théâtre : les façons dont ils se croisent, dont leurs gestes recomposent leur univers, dont ils parlent, se parlent, dont ils chantent et se reprennent ; ces manières d’être ensemble, en représentation, forment la trame vivante de Radio Muezzin.

En contrepoint, les images enserrent leurs existences, offrant un contexte visuel, affectif, mémoriel à la présence de chacun sur scène. À l’image de la voix, de la grâce et de l’émotion d’un muezzin aveugle, appelant et vibrant sur fond d’images des rues colorées du Caire.
Comme toujours dans les spectacles de l’artiste suisse, on apprend pas mal de choses. Mais c’est la matière humaine qui est précieuse ici, dans un contexte où, en Occident, l’islam, de plus en plus, suscite peurs et fantasmes.
Le Monde, Fabienne Darge

Basé sur les témoignages de quatre Muezzins aux trajectoires très différentes, on peut déjà mettre au crédit de ce spectacle la valeur documentaire du travail de ces non-acteurs qui nous présentent leur maison, nous montrent comment ils effectuent la prière ou miment le rituel des ablutions. Mais au-delà de cette couche superficielle, la mise en scène sobre suggère avec subtilité une critique sociale et met en avant certaines contradictions de la religion musulmane. Cependant une chose reste pour nous mystérieuse: quelles sont les motivations de ces muezzins? Pourquoi sont-ils devant nous sur scène à mimer la prière? S’ils ne peuvent être considérés comme des comédiens – la religion leur interdit -, est-ce alors une volonté de prosélytisme qui préside à leur implication dans ce spectacle?

Il y a bien là une faiblesse car alors que le but même de la pièce est d’entrer dans l’intimité de ces modèles religieux, on se rend compte que le metteur en scène n’est pas parvenu à les faire sortir de ce rôle. Ils ne nous montrent que ce qu’ils veulent bien nous montrer. D’ailleurs une envoyée du Ministère des Affaires Religieuses est présente pour veiller au respect du texte et des règles fixées avec la compagnie.

Un spectacle qui donne à réfléchir…à voir sans aucun doute!

Les Halles de Schaerbeek, une institution bruxelloise et européenne

Voici tout d’abord une petite présentation de mon lieu de stage, les Halles de Schaerbeek. J’ai choisi cette structure car c’est un des exemples les plus anciens du phénomène des friches culturelles. Cela fait en effet plus de 30 ans que ce bâtiment utilisé comme marché couvert a été réaffecté à des activités culturelles.Les Halles de Schaerbeek, une institution bruxelloise et européenne dans Aux halles mfile1850_histoire_A_05

Les Halles de Schaerbeek sont un centre culturel bruxellois situé à Schaerbeek, 22 rue Royale Sainte-Marie, dans l’ancien marché couvert Sainte-Marie construit en 1865 et détruit par une incendie en 1898. La commune fait alors appel à une entreprise spécialisée en structures métalliques. La nouvelle halle de plus de 3 000 m² est inaugurée en octobre 1901.

Abandonné de 1920 au début des années 1970, le lieu est racheté en 1973 par la Cocof qui le cède à la Communauté française en 1983. Le chantier de rénovation, débuté en 1984, s’est terminé en 1997.

Exemple de réaffectation d’un lieu industriel en complexe culturel, les Halles comprennent trois salles de spectacle : la Grande Halle (capacité : jusqu’à 2 000 spectateurs debout), la Petite Halle (salle polyvalente) et la Cave (foyer, bar, espace polyvalent).

Les Halles ont, depuis 1991, une vocation de Centre culturel européen. Son premier directeur, Philippe Grombeer, préside aujourd’hui aux destinées du Théâtre des Doms à Avignon. La direction est assurée depuis 2005 par Fabienne Verstraeten.

Voici en quelques mots le projet artistique et culturel des Halles aujourd’hui:

Les Halles, Proximité-Monde mfile2364_halles_A_01 dans Aux hallesDans le paysage culturel et artistique bruxellois, Les Halles sont un lieu singulier, indépendant et impertinent, qui se distingue par l’espace sans équivalent de la Grande Halle, structure de verre et de métal datant du 19ème siècle.La ‘géographie’ ainsi que l’histoire des Halles invitent à l’in-disciplinarité. Ici, la danse frôle la non-danse; le cirque d’auteur touche à la performance; le live art et la performance se frottent aux arts visuels et débordent sur l’espace public; et l’image est présente sous de multiples formes. Loin d’inviter à une ‘consommation culturelle’ pure et simple, une attention particulière est portée à l’accueil et à l’accompagnement des publics à travers rencontres et dialogues. Aux Halles, les propositions artistiques trouvent de nombreux prolongements réflexifs et critiques. L’engagement qui a marqué l’histoire du lieu reste au cœur du projet, au croisement de l’art et du politique, dans un  quartier reflet d’un ‘petit bout’ du monde, mixte et métissé.  Dans l’exploration de contextes spécifiques (qu’il s’agisse de la Palestine, du Moyen-Orient ou du pourtour méditerranéen…) se dégagent des communautés d’idées et de pensées qui dépassent la question des territoires.  A travers l’invitation d’artistes, d’intellectuels et d’écrivains penseurs internationaux, Les Halles sont une caisse de résonance pour la ville, le quartier, l’Europe et le monde.

Plus d’informations sur     www.halles.be

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