BIP la suite, dimanche 18/04 (2/2)

Comme indiqué dans mon précédent post, je suis retournée à Liege le dimanche suivant, n’ayant pas eu le temps d’aller voir l’expo « Les Indomptés » du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, dit le MAMAC (encore une super abbréviation pour un musée…même si cette fois ça fait juste un peu singe).BIP la suite, dimanche 18/04 (2/2) dans Culture culture... artwork_images_424319090_262940_martin-schoeller1

Expédition solitaire qui valait le coup, car il y avait vraiment des artistes intéressants…voici ma petite sélection:

Le – parait-il- fameux Martin Schoeller et ses portraits de femmes bodybuildées, tirée à deux fois la taille humaine…

A l’âge de 25 ans, Martin Schoeller choisit de quitter l’Allemagne pour s’installer à New York. D’abord assistant de Annie Leibovitz, il se consacre rapidement à sa propre carrière. A partir de 1998, ses portraits sont publiés dans divers magazines dont Rolling Stone ou Vogue. Depuis 1999, sur les traces de Richard Avedon, il est portraitiste au New Yorker. Martin Schoeller photographie des personnalités médiatiques, mais aussi des inconnus, en utilisant un procédé et un traitement identique pour chacun. Fervent adepte du « close up », il procède à des portraits radicaux. Il recourt à une mise en scène dénuée d’artifice ou de décorum pour se concentrer sur le regard de ses sujets. Fixant frontalement l’objectif, ceux-ci nous Martin-Schoeller dans Culture culture...apparaissent autres. Martin Schoeller n’estompe pas les imperfections, il révèle les contradictions des icônes contemporaines incarnées par de simples humains vulnérables. C’est selon ces principes qu’il a photographié des femmes bodybuildées dont l’anatomie et le visage sont en totale opposition.

 » Après avoir pris mon premier Polaroïd à une compétition de bodybuilding, j’ai été frappé par la complexité multidimensionnelle de ce genre de portrait. Les contradictions étaient si apparentes, si nombreuses et si excitantes, que je me suis senti vraiment obligé de créer cette série hors du domaine de tout jugement, non pas pour célébrer ou condamner, voire même dévoiler, mais plutôt pour montrer. […] Les athlètes présentées ne sont pas différentes. Elles sont aussi vulnérables queAchim+Lippoth+feat_ALippothBlueGirl_pdn chacune des personnes qui pose devant un objectif. « 

Achim Lippoth encore, avec cette fois sa série « Together » (2004).

De blonds enfants aux yeux bleus portent le logo du photographe « AL » sur leurs débardeurs immaculés. Les mises en scène de Lippoth s’appuient autant sur les codes de la mode (couleurs, poses, décors, mise en évidence de la marque …) que sur une esthétique nazie (uniformité, prises de vue en contre-plongées, composition de groupe …), donnant à la série un cachet terriblement dérangeant où la pureté et l’innocence de l’enfance viennent flirter avec des valeurs idéologiques nauséabondes.

Mon coup de coeur: Anke Van Iersel et sa série « Complete Me » (2004-2007). Des portraits patchwork qui montrent à la fois l’humanitluiké des sujets et la beauté étrange de certains moments du quotidien.

« Complete me » : constat tout autant que question. Depuis plusieurs années, Anke Van Iersel travaille intuitivement sur ce projet, cherchant à révéler l’extraordinaire dans l’ordinaire. La photographe prend le temps, et la liberté, de rencontrer ses modèles, de se laisser surprendre, pour capter ces instants de grâce où, relâchant le contrôle, ils vivent et se révèlent. Ses portraits, très éloignés des autoroutes sécuritaires de la normalisation et de la standardisation, témoignent de la douce fraîcheur ainsi que de la diversité de la vie. Très éloignés également de visions de chaos, de déséquilibre ou de désordre, ses portraits hors 3_norme attestent d’une constante unique : la seule chose permanente, c’est le changement, paramètre que nous ne pouvons par définition contrôler. Le temps semble donc ici suspendu, figé dans des couleurs volontairement saturées qui permettent à l’artiste de relativiser le réalisme de sa recherche, de souligner la relation entre fantasme et réalité qui lui est inhérente.

« …Comme Harry Potter qui est monté dans le train pour Hogwart sur la plateforme 9 3/4, invisible aux humains, j’ai décidé de prendre le train pour « complete me ». Sous un ciel violet et un soleil brun, nous sommes présentés à des gens qui ont manqué ou décidé de ne pas prendre le train à grande vitesse.  Lovely people, special people, beautiful people. N’être qu’un avec la nature. Le chien, ami fidèle. Les gens prennent leur temps. Ils se révèlent devant mon appareil. On voit des émotions, des fantasmes et de petits miracles. Presque comme un conte de fée, mais plutôt, la vraie vie. »

http://www.ankevaniersel.nl/

Olivier Culmann et sa série Téléspectateurs.

Photographe depuis 1992, Olivier Culmann est membre du collectif « Tendance Floue » depuis 1996. Ses photos posent avec humour ses interrogations angoissées quant à la liberté humaine et à son conditionnement. Pour sa série « Télé-spectateurs », il a capté les portraits de personnes regardant leur télévision au Maroc, en Inde, aux États-Unis, au Mexique, au Nigeria, en Chine ou au Royaume-Uni. Ces téléspectateurs semblent hypnotisés par les images qui défilent sur l’écran. Olivier Culmann enregistre cet instant où l’attention se relâche, où la conscience s’endort, bercée par la phosphorescence des tubes cathodiques. À cet instant, souvent les corps se calent, se lovent puis s’affaissent. Rien de plus banal. Et rien de plus inquiétant. Car c’est désormais dans cette passivité quasi-immobile, dans cet engourdissement de la pensée que nous, téléspectateurs, recevons et apprivoisons le monde entier, ou plutôt ce fantasme du réel. Informations, feuilletons, émissions, venus aujourd’hui de l’autre bout de la planète ou du bas de chez soi, sont déballés sous nos yeux anesthésiés. Leur impact est énorme.

Patrick Van Roy et sa série de portraits Warning (2009) 55

Le travail du photographe autodidacte Patrick Van Roy se caractérise par un intérêt pour les atmosphères étranges et questionnements de la réalité. Dans sa série « Warning « , il présente des portraits à la présence tout aussi rassurante que déconcertante. Chacun d’entre eux est, en effet, composé de quatre images – une fille et trois garçons, nommés dans le titre. Pour Patrick Van Roy, le visage est un champ de bataille, une construction à concevoir, à fabriquer et à interpréter. Ses manipulations engendrent des substituts d’adolescentes parfaites, impersonnelles et ambiguës. Des vraies fausses images d’un idéal androgyne harmonieux ; d’un bonheur éphémère, paradisiaque ou dévastateur. La remise en jeu des concepts de portrait, d’identité, de perfection, de culte est sous-jacente à ces images fantomatiques. Chacune de ces icônes affiche, de plus, les stigmates d’une blessure mortelle : témoignages d’un « cataclysme aseptisé aux blessures indélébiles » ?

Désolée de ne pas avoir vraiment pris le temps d’écrire des petits textes moi-même, mais déjà je vous ai fait une petite sélection et quand j’ai mis les textes (pris sur le site de la BIP www.bip-liege.org) c’est que je les trouvais éclairant et intéressant.

A venir rapidement quelques photos de liège…dans un prochain post!

 


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